Entrepreneur récidiviste : les femmes aussi !

10 Jan 2022 Isabelle Deprez Mixité et leadership au féminin

C'est magique l'entrepreneuriat.
Avez-vous déjà ressenti cette émotion de joie lorsque votre projet prend forme ? Que votre produit ou service rencontre l'adhésion du public auquel vous le destiniez ? Des mois de réflexion, de rencontres et d'actions. Puis le lancement, les contrariétés, les itérations pour ajuster, les recrutements, les séances de cogitation collective où chacun y va de son désespoir parfois et de sa créativité combative.
Ce sont des montagnes russes émotionnelles posées sur un socle puissant : le sentiment d'être vivant et aux commandes de son projet ! Même si par moment, il vous échappe, même si les manettes se partagent en grandissant, quelle source inépuisable d'émotions et de vie que décider d'être un entrepreneur. 

Entreprendre c'est aussi apprendre de son échec

Et puis il y a des périodes de traversée du désert. Le repli après un échec et le doute sur ses capacités. En France, il y a encore quelques années, être un entrepreneur qui n'avait pas réussi, était un stigmate durable. Des associations se sont alors créées pour venir en aide à ces audacieux n'ayant pas eu de chance, malmenés par une crise subite , un partenaire  indélicat, une capacité financière limitée ou des compétences encore insuffisantes.  Certains professionnels et investisseurs ont alors compris qu'être récidiviste, après avoir tiré les leçons de son expérience précédente, était une des clés des entrepreneurs à succès. Alors bien sûr pas toujours une étoile filante ou une star des podiums des levées de fonds, mais un entrepreneur s'étant posé des questions pertinentes sur le sens de son projet dans sa vie, tout simplement. 

Récidiver est plus difficile pour une femme

Mais récidiver n'est pas toujours aisé, notamment pour les femmes. Certes, les réseaux d'accompagnement à la création ont développé des programmes dédiés. Certes, BPI (Banque Publique d'Investissement) devrait être plus vigilante désormais dans l'accélération des projets portés par les femmes. C'est oublier cependant une ressource non négligeable : le réseau et son pendant l'information.
A l'heure où l'essentiel des investissements significatifs se fait dans la tech, le numérique..., comment une entrepreneure qui veut passer à la vitesse supérieure ou une récidiviste potentielle pourrait-elle baigner dans l'écosystème où germent les projets à potentiel ?  Comment accéder aux lieux stratégiques où se nouent les associations de compétences et talents tech et non tech ? Manque de réseau, stéréotypes, méconnaissance de l'écosystème, la liste est longue. Alors que tout porte à croire que les projets durables sont le fait d'équipes mixtes aussi bien en termes de genres que de compétences , il est difficile de voir cette dynamique actuellement. 
Pour avoir exploré la question, je reste avec une non-réponse : est-elle inexistante ou invisible ? 

Récidiver au bon endroit ?

Les femmes sont statistiquement investies dans les secteur en lien avec le " care ", c'est à dire le soin, l'accompagnement, l'éducation. Stéréotypes, éducation, ressorts plus profonds, les raisons sont multiples et cumulatives. Ces activités sont moins rémunératrices, ce qui ne cesse de me questionner. Pourquoi, ce qui est finalement au coeur de ce qui fait société et humanité est finalement limité dans ses potentialités de croissance, car privé des ressources financières suffisantes permettant de vraiment grandir. La rentabilité est y statistiquement faible pour des raisons culturelles (bénévolat féminin, sphère domestique) et les investisseurs, plutôt tournés vers les technologies, se font rares. Certains me répondront que la "barrière à l'entrée" que constitue une technologie ou un brevet explique les choix d'investissement. Peut-être, mais alors pourquoi ces technologies n'investissement encore que trop rarement le "care" pour en faire une combinaison gagnante ? Ne pourrait-elle devenir une barrière à l'entrée ? N'y aurait-il pas aussi un choix de modèle de société ? Quid de ce qu'est une communauté humaine saine et durable ? 

Parce qu'elles le valent bien

Pour accompagner nombre de femmes entrepreneures, et en être une moi également, une multirécidiviste,  je suis toujours très intriguée par la profondeur des questions qui émergent durant nos échanges. L'intimité du coaching et le fait que je sois une femme aussi, libèrent des interrogations sur le sens du projet entrepreneurial et/ou sur les motivations à faire grandir son entreprise.  Les femmes sont plus enclines à parler de leurs vulnérabilités et de leur projet de vie au sens large. L'entrepreneuriat n'est souvent qu'une brique, surtout lorsque la famille est très présente dans l'emploi du temps. 
Chez les femmes plus seniors, libérées de leur agenda millimétré, les rêves changent de dimension et se heurtent à une recherche complexe d'informations. Le réseau (à nouveau !) est peu présent car mis de côté lorsqu'il entrait en concurrence avec la famille. Dans les environnements tech, les clubs très masculins peuvent également sembler peu accueillants. Alors comment faire ? Comment entreprendre ou récidiver en grand quand le moment est propice, l'expérience acquise, les compétences au top ? Comment le faire en tant que femme ? Chercher des "sponsors"? Quels sont les réseaux pertinents  ?  Où trouver les informations ?  Doit-on s'associer avec un homme afin d'accéder aux ressources ?
En rédigeant cette dernière interpellation, loin de moi l'idée de blesser. Mais peut-être vous aurai-je donner envie de me répondre.
Partagez vos conseils et la liste des précieuses informations qui permettraient à toutes les récidivistes et entrepreneures qui rêvent en grand, de passer à l'ACTION,
parce qu'elles le valent bien !


Merci 
Isabelle Deprez


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

Nouvelle formation : PARLER AU FEMININ - Comment faire entendre sa voix sur les enjeux Mixité et Egalité professionnelle F-H

Nouvelle formation : CONDUIRE LE CHANGEMENT EN LEADER

Conférence I Dissoudre l’incertain : self-leadership et effectuation

Interview : Le travail fait grandir

Interview dans " Le tête à tête QVT "

Episode #5 Nathalie Martinez

Catégories

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.