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La mobilisation émotionnelle – Connecter au cœur des équipes

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Les leaders les plus influents savent jouer sur les émotions pour fédérer leurs supporters et cibles.
Décortiquons les mécanismes à l’œuvre avec 2 leaders que tout oppose : Nelson Mandela et Donald Trump

Mandela : L’espoir et la réconciliation

Mandela est connu pour avoir uni une nation divisée, promouvant l’idée que le pardon et la réconciliation étaient nécessaires pour construire un avenir commun. Sa vision était stratégique et orientée vers le long terme. Il a posé les bases d’une Afrique du Sud plus juste et équilibrée, en promouvant des réformes sociétales et en transmettant un héritage durable.

Sa communication était empreinte d’humilité et de profondeur. Mandela se présentait comme un serviteur du peuple, mettant en avant la collectivité plutôt que sa personne.

Mandela transforma la colère des opprimés en un projet d’unité nationale. Son discours privilégiait le pardon, la dignité, et rejetait la vengeance.

Trump et Mandela

Trump : La colère et la peur

Nous avons encore peu de recul sur les résultats de l’ère Trump, essentiellement quelques constats sur sa communication diamétralement opposée à celle de Mandela.
Trump prospère dans un contexte de division. Il exacerbe les clivages sociaux et politiques, créant une dynamique « nous contre eux » qui galvanise sa base tout en marginalisant ses opposants.

Son style repose sur une centralité absolue de sa personnalité. Il se positionne comme le héros d’une narration politique, utilisant un langage simple, direct et souvent provocateur pour captiver l’attention.Son message clé “America First” mobilise l’orgueil national et le rejet de l’“autre” et ses déclarations-chocs visent un impact immédiat pour frapper l’opinion.

Si l'on va un peu plus loin dans l'analyse de la communication des leaders, quelques soient nos opinions politiques ou notre adhésion aux valeurs qu'ils portent, voici 4 caractéristiques majeures de leur impact.
Je ne parle pas ici des résultats de leur action, mais de la performance de leurs prises de parole et de l'adhésion à leurs idées.
Mon analyse ci-dessous a été rédigée au printemps 2025.

4 caractéristiques majeures de l'impact de la communication d'un leader :

Il/elle travaille le fond de son message, la forme de celui-ci, cherche à l'incarner et utilise le clavier émotionnel. 

Prenons l'exemple de Trump durant sa dernière campagne électorale.

  • Un message simple

Le message suffisamment simple pour être compris : « Rendre à l’Amérique sa grandeur » porté par Donald Trump, durant sa dernière campagne électorale, en est une illustration.
Lors de son agression, le poing levé, il apporte aussi une réponse visuelle au chaos, et incarne ainsi une forme de continuité dans l’instabilité. Un message simple qui marque les esprits.

avec une issue désirable :
Derrière ce message, il faut aussi entendre la promesse des résultats tangibles (emplois, réduction d’impôts) en échange des soutiens.
 

  • Une incarnation physique

Un discours sans incarnation physique, celle d’un corps vertical et occupant l’espace, a peu de chance de marquer durablement les esprits, même répété en boucle.
Les biologistes ont de longue date documenté l’impact des signes de dominance dans la communication, notamment chez nos cousins les grands singes. Et ces automatismes archaïques sont encore très présents chez les humains. La taille, la verticalité, l’espace occupé par le corps et les mouvements du porteur du message, la voix notamment grave et les stéréotypes de genre entrent en jeu.
 

  • Une incarnation symbolique :

D Trump s’est positionné comme le héros d’une narration politique et l’agression dont il a fait l’objet, et cette fameuse photo le poing levé, a symboliquement renforcé son incarnation en tant que héros, prêt à tenir et à en découdre coute que coute face à l’adversité.
Le poing levé est un geste universel de résistance, de défi, de puissance, voire de victoire sur l’adversité. Dans ce cas précis, il fonctionne comme un acte de survie héroïque : le leader atteint physiquement se redresse et affirme sa détermination. Il forge une image quasi-mythique : celle du “combattant blessé mais invincible” — un archétype profondément inscrit dans les récits collectifs (du héros qui se relève).
Trump maîtrise l’art de la mise en scène de soi, et ce geste semble s’inscrire parfaitement dans sa posture habituelle : celle de l’homme fort, défiant le système. Que l’on adhère ou pas à sa figure politique, il incarne à cet instant précis pleinement son message.
 

  • Il joue l'empathie

Il a joué sur des émotions fortes comme la peur et la colère pour consolider la loyauté, tout en valorisant l’appartenance à un « nous contre eux ».
Le geste est fortement émotionnel : il renvoie à la douleur, au danger, à la tension extrême, et à la volonté de ne pas céder. Pour ses partisans, il peut renforcer l’admiration et le sentiment de loyauté. Pour ses opposants, il ravive la polarisation.  Il devient une icône émotionnelle de résilience.

L’émotion est un puissant accélérateur de mouvement. C’est elle qui enflamme et pousse les récepteurs du message à agir.

Les facteurs contextuels : freins ou accélérateurs ? 

La mobilisation de son électorat a bénéficié d'un contexte favorable :

Tout ceci a été rendu possible que parce que portée par un terreau propice composé de 3 principaux facteurs contextuels :

  •  Un sentiment d’abandon d’une part significative de la population, pour des raisons diverses (économiques, genre et discrimination positive..)
  • Des difficultés à comprendre la complexité du monde et les éléments en jeu
  • Le fonctionnement des algorithmes qui valorisent la polarisation, via l’expression émotionnelle et démultiplient la diffusion de messages courts, à l’emporte-pièce et clivants.

La compréhension des besoins exprimés par les potentiels followers

Ces deux leaders reflètent des besoins différents de leurs supporters :

  • L’aspiration à l’unité et à la justice pour Mandela,
  • La recherche de reconnaissance et de sécurité pour Trump.

Ces contrastes mettent en évidence l’importance des valeurs et des intentions dans la manière dont un leader influence son époque.

Émotions authentiques ou manipulation ?

Les frontières entre mobilisation constructive et manipulation émotionnelle sont parfois floues.

L’Histoire en sera témoin.  

La communication en entreprise et de l'entreprise : est-ce différent ? 

Le monde de l’entreprise échappe-t-il à ces éléments contextuels, autorisant ainsi une approche différente ?

Pas si simple !
Le clash d’avril 2025, organisé sur les réseaux sociaux contre l’initiative d’Axa « être une femme ne devrait pas être un risque », a nui à l’image de l’entreprise et l’a obligée à communiquer pour expliciter sa démarche et tenter de rattraper le coup.


Mobiliser devient un art difficile à l’heure de la polarisation, des lobbies et des manipulations diverses sur les réseaux sociaux. Les leaders doivent anticiper les risques d’une présence « au coeur de la Cité », physiquement et virtuellement, s’entraîner à mobiliser en interne ainsi qu’à l’extérieur de l’entreprise, et se préparer activement à éteindre les incendies.


Mobiliser à l’interne de l’entreprise semble plus accessible.
Les facteurs contextuels sont en effet mieux maîtrisés par le porteur du message
.
Il convient cependant ne pas négliger la présence de parties prenantes aux enjeux contradictoires dans la réussite de l’entreprise. L’exercice de cohérence de l’ensemble des messages portés par le leader est un véritable challenge !

Vous aspirez à mobiliser autour de vous ?
Faites votre auto-diagnostic 

Répondez aux 3 questions suivantes afin d'analyser vos propres leviers de mobilisation émotionnelle :

  • Dans vos 3 derniers messages, qui est au centre du récit ? vous (“je”) ou le collectif et le cap (“nous”) ?
    Comptez pour voir.
     
  • Vos messages commencent-ils par le “pourquoi” commun (sens, cap) puis laissent-ils de l’espace pour co-construire le “comment”, ou basculent-ils directement sur le “quoi/quand” ?
    Comparez la réaction reçue.
     
  • Dans vos derniers messages aux équipes, quel est le ratio de questions ouvertes (“Que verriez-vous ?”, “Comment pourrions-nous faire ?”) vs directives (“Faites…”, “Il faut…”).
    Notez-le et observez l’effet sur l’engagement.

La dynamique de mobilisation leader-followers vous intéresse ?

Plongez-vous dans notre dernier ouvrage : Leadership en plein chaos.

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