Pour réussir vos transformations !

Loi Rixain, féminisation : ce n’est pas “mettre plus de femmes autour de la table”

2 vues

Loi Rixain : la question qui compte vraiment n’est pas : « Sommes-nous conformes ? », mais : qu’allons-nous ajuster, maintenant, dans nos pratiques de direction, pour que la féminisation et l’égalité professionnelle deviennent un résultat et pas seulement une intention ?

Le 1er mars n’est pas une date de reporting. C’est un point d’étape utile : soit on publie, soit on s’en sert pour piloter la mixité au sommet.

Le 1er mars : publier des chiffres… et en faire un levier de pilotage

La loi Rixain a posé un cadre clair : une trajectoire de représentation équilibrée entre les femmes et les hommes dans les postes de direction des grandes entreprises.

Elle vise deux ensembles : cadres dirigeants et instances dirigeantes, avec deux paliers :

  • 30 % au 1er mars 2026

  • 40 % à partir du 1er mars 2029

Et depuis 2023, les entreprises concernées (+1000 collaborateurs) doivent publier et déclarer leurs écarts de représentation au plus tard le 1er mars.


Le cadre est posé. L’enjeu, maintenant, c’est la trajectoire.

rixain et chiffres et actions

Féminisation : le sujet n’est pas la place, c’est l’accès… et l’envie

La féminisation d’un comité de direction, ce n’est pas seulement “ajouter des femmes”. C’est faire en sorte qu’elles aient envie d’y aller, qu’elles puissent y accéder, et qu’elles aient des raisons d’y rester.

On entend parfois : “elles n’osent pas”.
Dans beaucoup d’organisations, j’entends autre chose : « Je peux… mais à quelles conditions ? »

À ce niveau, l’exposition est forte : décisions visibles, arbitrages, prises de risque, responsabilité. Et l’expérience peut être plus ou moins “tenable” selon les règles du jeu : reconnaissance, soutien, clarté des critères, place des réseaux, etc.


La féminisation se joue autant sur la désirabilité des postes que sur le vivier.

Les chiffres Rixain : une photo utile… qui ne dit pas tout

Les chiffres sont indispensables. Mais ils ne racontent pas, à eux seuls, ce qui produit ces résultats.

Au 1er mars 2025, parmi les entreprises ayant déclaré, 73 % comptaient moins de 40 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants, et 64 % étaient sous les 40 % dans leurs instances dirigeantes.

Ces chiffres montrent que l’enjeu de mixité au sommet reste important.
Ils ne disent pas :

  • où se bloque l’accès aux rôles “tremplins”
  • comment se font les nominations
  • ce qui pèse dans la légitimité au quotidien
  • ce que l’organisation récompense réellement

 

Les chiffres sont une boussole. Il faut ensuite regarder le terrain.

Entre-soi et présentéisme : deux sujets très concrets, souvent sous-estimés

Dans beaucoup d’entreprises, deux mécanismes pèsent sur la mixité au sommet, sans que ce soit “voulu”, simplement parce que ce sont des habitudes qui se sont installées :

  • l’entre-soi,
    quand la confiance et la légitimité se construisent dans des cercles informels homogènes 

  • le présentéisme
    quand “être là” devient une preuve de fiabilité, parfois au détriment des résultats

Ces mécanismes ont un effet direct : ils rendent l’accès plus difficile pour celles et ceux qui ne sont pas déjà dans les codes et ils peuvent réduire l’envie d’y aller, même chez des profils très compétents.
 

La mixité progresse quand les règles deviennent plus lisibles que les codes.

Une démarche simple : questionnaire anonyme + atelier de priorisation

atelier féminisation Codir Isabelle Deprez

C’est ici que je situe mon travail en cours. Je construis une démarche volontairement simple dans sa forme, mais exigeante dans son objectif :

  • mettre à plat les pratiques de direction qui facilitent la féminisation ou qui la freinent.
  • Un questionnaire d'auto-évaluation anonyme

Anonyme, pour obtenir une lecture sans mise en risque. On observe des pratiques : accès aux postes “tremplins”, règles de promotion, décisions prises au bon endroit, poids de l’entre-soi, place donnée aux résultats plutôt qu’à la présence.

On choisit : deux ou trois priorités qui font vraiment bouger la mécanique (promotions plus lisibles, décisions plus transparentes, ouverture des postes clés, réduction du coût du présentéisme, etc.).
 

La loi Rixain donne le cadre et le calendrier. La démarche aide à transformer ce cadre en pilotage.

Conclusion : publier, puis progresser

Le 1er mars, les entreprises publient. C’est une étape normale. L’opportunité, c’est d’utiliser cette étape pour rendre la trajectoire plus lisible : qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on ajuste, et sur quoi on s’engage concrètement ?

La féminisation, la mixité et l’égalité professionnelle progressent quand le sommet devient un espace plus accessible, plus désirable et plus tenable, avec des règles claires, des décisions explicites, et un pilotage simple.
 

Publier, c’est une obligation. Piloter, c’est un choix.

Mixité et Performance : quelques chiffres éclairants.


Lire les commentaires (0)

Articles similaires


Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

À la une
Congé supplémentaire de naissance 2026 : règles, dates, impact égalité

Congé supplémentaire de naissance 2026 : règles, dates, impact égalité

Congé supplémentaire de naissance 2026 : le droit, la norme… et le vrai levier d’égalité
Dans une entreprise, la prise de congé après une naissance n’est pa...

le 05/01/26
conference mixite levier performance chantiers atlantique isabelle deprez

Conférence : Mixité : un levier de performance dans l’entreprise

Le 14 sept. 2026 à Saint-Nazaire

Public : managers femmes et hommes des Chantiers de l’Atlantique

le 23/02/26

Catégories

Création et référencement du site par Simplébo Simplébo

Connexion